Bouturer un rosier grimpant : le guide complet pour réussir

En août 2021, j’ai prélevé 12 tiges sur le rosier grimpant New Dawn qui couvre la façade de mes voisins. Neuf ont fait des racines, et l’une d’elles grimpe aujourd’hui à 2,50 m sur ma pergola. Coût total : 11 € de fournitures, contre 29 € pour le même rosier en conteneur.
Bouturer un rosier demande peu de matériel. Trois décisions font pourtant toute la différence : la date, le choix de la tige et le mélange de culture.
- Prélevez des tiges de 20 à 25 cm portant 3 à 4 yeux.
- Bouturez entre juillet et novembre pour viser 50 à 70 % de reprise.
- Comptez 30 à 60 jours en été et 120 à 150 jours en automne avant les premières racines.
- Prévoyez 6 à 22 € de fournitures pour un lot de 10 boutures.
Bouturer un rosier grimpant : ce que vous y gagnez
Un rosier grimpant en pot de 3 L se vend entre 20 et 35 € en jardinerie. Pour 10 boutures, la dépense tombe sous les 22 €, avec une plante identique à la plante mère.
Autre bonus, la bouture pousse sur ses propres racines. Votre rosier ne produira jamais de rejets de porte-greffe, ces pousses sauvages qui sortent du sol à 10 ou 20 cm du pied.
Les rosiers grimpants et les rosiers lianes se multiplient mieux que les rosiers buissons. Leurs rameaux de 2 à 3 m fournissent 6 à 8 boutures chacun.
Multiplier une variété protégée pour votre propre jardin reste autorisé. La revente des plants, elle, est interdite tant que le certificat d’obtention végétale court.
Voici les résultats des cinq méthodes que j’ai testées entre 2019 et 2025, toujours par lots de 10 boutures.
| Méthode et période | Reprise constatée | Premières racines | Coût pour 10 boutures |
|---|---|---|---|
| Tige semi-aoûtée en pot, juillet à septembre | 60 à 70 % | 30 à 60 jours | 22 € |
| Tige aoûtée en pleine terre, octobre à novembre | 50 à 60 % | 120 à 150 jours | 6 € |
| Tige tendre en pot, avril à mai | 20 à 40 % | 30 à 50 jours | 22 € |
| Bouture dans l'eau, juin à août | 20 à 30 % | 20 à 35 jours | 2 € |
| Bouture piquée dans une pomme de terre | 10 à 20 % | 40 à 60 jours | 4 € |
Prix constatés en octobre 2026
Ma préférence va à l’automne en pleine terre. Le taux de réussite est un peu plus bas qu’en été, mais l’entretien se limite à 2 ou 3 arrosages par saison.
Le bon mois pour bouturer un rosier grimpant
Le calendrier dépend de l’état de la tige. Tendre au printemps, à demi durcie en été, bien lignifiée en automne : chaque stade appelle sa propre technique.
Une bouture de rosier se prépare en 10 minutes et se juge 300 jours plus tard.
En été, de juillet à septembre : le meilleur taux de reprise
Après la première floraison, les tiges de l’année commencent à durcir à la base. Ce bois semi-aoûté, souple en tête et ferme au pied, s’enracine en 30 à 60 jours.
Prélevez le matin, avant 10 h, quand la plante est gorgée d’eau. Une tige coupée à midi par 28 °C perd ses feuilles en 48 heures.
Le bouturage d’été se fait à l’étouffée, sous une bouteille ou un sac transparent. Placez le pot à mi-ombre, dans une zone qui reste entre 18 et 25 °C.
Le revers ? Une surveillance tous les 2 à 3 jours.
En automne, d’octobre à novembre : la méthode la plus courante
Après la chute des feuilles, les tiges de l’année sont lignifiées sur toute leur longueur. Coupez-les en tronçons de 25 cm, de l’épaisseur d’un crayon.
Ces boutures passent l’hiver en pleine terre, enterrées aux deux tiers. Les racines se forment lentement, entre mars et avril, soit 120 à 150 jours après la plantation.
Au printemps, en avril et mai : une alternative à considérer
Les jeunes pousses tendres de 15 cm s’enracinent vite, en 30 à 50 jours, mais flétrissent encore plus vite. Sur mes essais de printemps, 3 boutures sur 10 seulement ont tenu.
Réservez cette période au rattrapage, par exemple si vous avez raté la fenêtre d’automne.
Le matériel nécessaire, pour moins de 25 €
Les outils essentiels
Un sécateur à lames franches (bypass) coupe net sans écraser les tissus. Comptez 20 à 30 € pour un modèle correct, et désinfectez les lames à l’alcool à 70° entre deux rosiers.
Pour le reste, prévoyez des godets de 9 cm (environ 3 € les 10), des bouteilles d’eau de 1,5 L coupées en deux et des étiquettes. Notez la variété et la date, vous ne vous en souviendrez pas dans 200 jours.
Pour un lot de 10 boutures, sécateur non compris
Le substrat idéal pour les boutures
Une bouture n’a besoin d’aucun engrais. Elle réclame un mélange aéré qui retient l’humidité sans jamais rester détrempé.
Mélangez moitié terreau de bouturage, moitié sable de rivière. Un sac de terreau semis et bouturage de 20 L coûte autour de 7 € et suffit pour 25 godets.
Évitez le terreau universel enrichi en engrais. Il brûle les racines naissantes et favorise la pourriture du pied.
L’hormone de bouturage : utile ou facultative ?
L’hormone de bouturage contient de l’acide indole butyrique, une auxine qui déclenche la formation des racines. Un flacon de 20 g de poudre Rhizopon coûte autour de 5 € et traite plus de 200 boutures.
Sur deux lots de 10 boutures prélevées le même jour, j’ai obtenu 7 reprises avec hormone et 4 sans. L’écart justifie largement l’achat.
Pour une version maison, faites macérer des rameaux de saule coupés en tronçons de 5 cm dans 1 L d’eau pendant 48 heures. Trempez ensuite la base des boutures 12 heures dans ce liquide.
Trois techniques de bouturage passées au banc d’essai
La méthode classique en terre
C’est la méthode qui donne les meilleurs résultats, en pot l’été comme en pleine terre l’automne. La tige produit directement des racines adaptées au sol, sans période de transition.
En pleine terre, creusez une tranchée de 15 cm de profondeur, à l’abri d’un mur exposé à l’est. Versez 5 cm de sable au fond, plantez les boutures tous les 10 cm et tassez du pied.
En pot, piquez 3 boutures maximum dans un contenant de 12 cm. Au-delà, les racines s’emmêlent et le dépotage les arrache.
Le bouturage dans l’eau : une alternative simple
Plongez la base de la tige sur 5 cm dans un bocal d’eau non calcaire, à la lumière mais hors soleil direct. Changez l’eau tous les 2 à 3 jours pour éviter le pourrissement.
Les racines apparaissent vite, parfois en 20 jours. Elles sont pourtant fines et cassantes, et la moitié des plants meurent au passage en terre.
La technique de la pomme de terre : ce qu’elle vaut vraiment
La pomme de terre garde la base de la tige humide. Elle n’apporte en revanche aucune hormone, contrairement à ce que promettent les vidéos.
Mon lot de 10 a donné 2 reprises, et 4 tubercules ont pourri au bout de 40 jours. Bref, un pot de terreau sableux fait mieux pour le même prix.
Pas à pas : de la tige prélevée à la bouture plantée
Sélectionner et prélever la bouture
Choisissez une tige de l’année défleurie, saine et sans taches noires. Son diamètre doit se situer entre 5 et 8 mm, celui d’un crayon.
Coupez un rameau de 60 cm, puis découpez-le en tronçons de 20 à 25 cm. Écartez les 10 cm de la pointe, trop tendres, et gardez la partie centrale.
Préparer la bouture
Taillez la base en biseau, 5 mm sous un œil. Coupez le haut droit, 1 cm au-dessus d’un autre œil, pour repérer le sens de plantation.
Supprimez toutes les feuilles sauf les 2 du sommet, que vous raccourcissez de moitié. Une feuille entière évapore plus d’eau que la tige ne peut en absorber.
Grattez l’écorce sur 2 cm à la base, puis trempez cette zone dans l’hormone. Tapotez pour faire tomber l’excédent de poudre.
Planter la bouture
45 min
- Remplir les godetsRemplissez chaque godet de 9 cm avec le mélange terreau et sable. Tassez légèrement et arrosez jusqu’à ce que l’eau ressorte par les trous.10 min · seul · 9 €
- Percer un trouEnfoncez un crayon sur 12 à 15 cm dans le substrat humide. Le trou évite de frotter la poudre d’hormone en plantant.5 min · seul
- Enfoncer la boutureGlissez la tige dans le trou en laissant un tiers hors du sol, soit 2 yeux visibles. Refermez en pressant le substrat autour avec les doigts.10 min · seul · 5 €
- Arroser et étiqueterArrosez en pluie fine avec 10 cl par godet. Notez la variété et la date sur chaque étiquette.5 min · seul
- Couvrir à étoufféePosez une demi-bouteille de 1,5 L sur chaque godet, bouchon retiré. Installez le tout à mi-ombre, à l’abri du soleil de midi.15 min · seul · 0 €
L’arrosage et l’entretien post-plantation
Gardez le substrat frais, jamais trempé. Enfoncez un doigt sur 2 cm, et n’arrosez que si la terre est sèche à cette profondeur.
En 2019, j’ai arrosé mes boutures d’été tous les jours : 7 sur 10 ont pourri du pied en 15 jours. Un arrosage tous les 4 à 5 jours sous cloche suffit largement.
Aérez la cloche 10 minutes tous les 3 jours pour chasser la condensation. Retirez aussitôt toute feuille tombée ou moisie.
Comment savoir si votre bouture a pris
De nouvelles feuilles apparaissent souvent après 20 à 30 jours. Méfiez-vous de ce premier signe, car la tige pousse parfois sur ses réserves, sans la moindre racine.
Le vrai test se fait au bout de 45 jours en été. Tirez très doucement la tige vers le haut : une résistance franche signale des racines bien accrochées.
Retournez enfin le godet au-dessus de votre main. Si des radicelles blanches sortent par les trous de drainage, la bouture est prête à changer de pot.
En pleine terre, attendez le mois d’avril. Une tige qui débourre et dépasse 5 cm de pousse a réussi son pari.
Les erreurs qui font échouer vos boutures de rosiers
Sur 7 ans d’essais, cinq fautes reviennent dans presque tous mes échecs.
- Prélever une tige qui porte encore une fleur, qui mobilise 50 % de l’énergie de la plante.
- Utiliser un sécateur émoussé qui écrase la base sur 1 cm.
- Laisser la bouture en plein soleil, où la cloche dépasse 40 °C en 2 heures.
- Planter la tige à l’envers, faute d’avoir repéré le sens des yeux.
- Déterrer la bouture toutes les 2 semaines pour vérifier les racines.
Les rosiers greffés très vigoureux posent un dernier piège. Certaines variétés modernes s’enracinent mal, avec moins de 20 % de reprise, alors que les rosiers lianes comme Albertine dépassent 80 %.
Mes conseils pour passer de 50 à 70 % de reprise
La patience est la clé
Une bouture d’automne ne montre aucun signe de vie pendant 150 jours. Résistez à l’envie de la déterrer, chaque manipulation casse les cals racinaires en formation.
La patience vaut aussi pour la floraison. Un rosier issu de bouture fleurit dès sa deuxième ou troisième saison, le temps de bâtir un système racinaire solide.
« Ma bouture de New Dawn a passé 365 jours dans un godet sans rien montrer d’autre que 6 feuilles, puis elle a lancé 1,80 m de tiges en un seul été. »Étienne, un an après
Protéger vos boutures des éléments extérieurs
Sous −5 °C, les boutures en pot gèlent jusqu’aux racines. Rentrez-les dans un garage lumineux ou une serre froide, ou enveloppez-les d’un voile d’hivernage de 30 g/m² à 3 € le rouleau.
En pleine terre, couvrez la tranchée de 5 cm de feuilles mortes. Ce paillage limite le soulèvement du sol par le gel, qui déchausse les tiges.
Le vent dessèche aussi les boutures non couvertes. Un emplacement à 1 m d’un mur ou d’une haie coupe l’essentiel des rafales.
Quand et comment rempoter une bouture réussie ?
Rempotez dès que les racines sortent du godet, en général 60 à 90 jours après une bouture d’été. Passez dans un pot de 2 à 3 L rempli de terreau pour rosiers et terre du jardin à parts égales.
Gardez la jeune plante en pot jusqu’à l’automne suivant. Plantez-la ensuite en pleine terre, dans un trou de 40 cm de côté, à 30 cm du mur ou du treillage.
Palissez les premières tiges dès qu’elles atteignent 50 cm. Un rosier grimpant guidé à l’horizontale produit 2 à 3 fois plus de fleurs qu’un rosier laissé droit.
Vos questions
Peut-on bouturer un rosier grimpant en octobre ?
Combien de temps met une bouture de rosier à faire des racines ?
Faut-il mettre de l hormone pour bouturer un rosier ?
Peut-on bouturer un rosier dans l eau ?
Étienne
Après une formation en paysagisme et plusieurs années passées à travailler sur des projets d’aménagement extérieur, j’ai développé une véritable passion pour les jardins et la manière dont ils peuvent transformer un lieu. J’aime particulièrement imaginer des espaces où les plantes, les matériaux et les volumes trouvent naturellement leur équilibre. À travers Divin Jardin, je partage mon expérience, mes découvertes et mes conseils pour aider chacun à mieux comprendre son jardin, choisir les bonnes plantes et créer un extérieur agréable au fil des saisons. Ce qui me motive avant tout : transmettre une approche simple et accessible du paysagisme, tout en respectant la nature et les particularités de chaque espace.




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